samedi, octobre 06, 2007

Fantasme

Il arpentait son appartement de long en large, vérifiant qu’il n’avait oublié de faire le ménage nulle part. Il attendait une jolie dame, et il ne serait pas dit qu’il la recevrait dans un appartement sale, surtout qu’une telle chose pourrait nuire à ses chances. C’est une drôle de situation cet rencontre chez lui, il ne la connaît que peut cette fille. Il l’a rencontré, il y a peut-être 2 mois et depuis il l’a revu deux, ou trois fois peut-être, mais, grâce à l’internet, il garde contact. C’est par internet en fait qu’elle s’est le plus ouverte à lui, c’est là aussi qu’elle lui a confié ce fantasme qu’ils réaliseront ensemble aujourd’hui. Il jeta un dernier coup d’œil à l’appartement et satisfait qu’il ne pouvait plus en faire plus il s’assit devant la télévision. Il attendit, elle était en retard, mais il s’y attendait un peu, elle était tellement gênée de son fantasme. Au moment où il allait chercher une émission à regarder, la sonnette de la porte se fit entendre. Il afficha un sourire qu’il espérait encourageant et invitant avant d’aller répondre. Il voyait au travers de la porte une silhouette féminine se dandinant d’une jambe à l’autre. Son sourire s’agrandit malgré lui et il ouvrit toute grande la porte. Devant lui, la jeune femme qu’il attendait regardait le sol devant elle. Voyant qu’elle ne s’avançait pas il demanda : « Tu n’entres pas?
- Oui, oui… Excuse-moi, je ne peux pas croire que je vais faire ça… »

lundi, avril 09, 2007

Un homme et la fenêtre

Dans l’antre, un feu crépitait réchauffant la petite chaumière d’un vieil homme silencieux. Bien que la nuit fût tombée depuis plusieurs heures, il demeurait assis regardant par sa fenêtre. Il écoutait le silence, se rappelant les années heureuses du passé et mangeant lentement une brique de fromage qu’un voisin lui avait échangée contre un jouet pour son fils. Au loin, le tonnerre rugit et soudainement on cogna à sa porte. La voix d’un homme fendit le silence de la chaumière : « Bonne gens, je vous implore, donnez moi refuge pour la nuit, votre est la seule lueur dans les ténèbres et l’orage se rapproche. » L’homme se leva lentement sans un mot et s’approcha de la porte. Un homme plus jeune et ayant plus à perdre aurait peut-être regardé par la fenêtre, mais pas lui. Il fit tourner le verrou et ouvrit toute grande la porte de sa petite chaumière. « Entrez, brave voyageur, mais sachez que vous devrez payer mon prix… » L’homme fit une pause, regardant le visage maintenant suspicieux du voyageur, puis il termina sa phrase : « écouter les histoires qu’un vieil homme désire partager et qu’un village n’a plus le désir de subir. » Il sourit largement et d’un geste de la main invita le voyageur à entrer dans sa demeure. Le voyageur passa le seuil en souriant et répondit : « Je veux bien écouter les histoires d’un vieil homme si c’est le prix à payer pour un toit au-dessus de ma tête pendant cet orage. » Le vieil homme lui indiqua une chaise près du feu et servit une tasse d’eau chaude pour le voyageur. « Vous devez avoir soif et faim, je ne peux vous offrir beaucoup, mais vous pouvez partager mon fromage et mon thé.
- Vous êtes bien aimable mon brave, mais je vous propose plutôt de partager mon gibier et ma gourde de vin. » Le vieil homme sourit et apporta tasses, ustensiles et plats pour faire à l’heure tardive un petit souper improvisé. Il s’assit et pendant que son visiteur préparait leur repas, commença à raconter son histoire. « Il y a longtemps voyageur, dans ces contrées, on racontait une bien étrange légende. Une légende qui datait de bien plus longtemps, mais qui avait été remise en vogue par un événement particulier. Vous voyez, mon brave, de l’autre côté de ce chemin s’élevait une auberge, une auberge qui était occupée par un joli couple d’une trentaine de printemps et leur fille qui était connue comme un rayon de soleil pour le village. Elle était d’une beauté certaine, mais il y avait dans le monde et même dans les villages environnants de bien plus grandes beautés, mais très peu de beautés avaient son esprit vif et surtout son dévouement pour autrui. Elle était, je puis dire la femme la plus parfaite que cette contrée n’ait jamais vue. » Le vieil homme fit une courte pause, remplissant sa pipe d’un peu de tabac sans en offrir à son visiteur, puis reprit son récit. « La légende commence vraiment lorsque le père de la jeune Minère, car ses parents avaient nommé la beauté du village par ce nom, décida de remplacer les vitres de ces fenêtres. Vous devez comprendre que l’art du verre est très rare dans cette région et qu’il en devenait très coûteux de faire une telle réparation. Mais le bonhomme était têtu, et aussi un peu avare alors, au lieu de se rendre à la ville pour contracter un verrier, il se rendit au manoir abandonné derrière la colline à la croisée des chemins... Vous replacez oui, vous êtes passé devant. Et bien il y a longtemps les vitres de ce manoir étaient intactes et, bien que l’on disait l’endroit maudit, le bonhomme n’hésita pas à prendre cette ressource pour son auberge. Il remplaça lui-même une à une les vitres, se vantant même d’avoir eut un prix incroyable d’un habitant de la ville qui était près à tailler le verre tant qu’il n’avait pas à le poser dans un village miteux. Ces paroles indignèrent les habitants du village, mais c’était selon le plan de l’aubergiste. Il leur avait donné une raison d’haïr, alors ils cherchaient pas d’où venait réellement ce verre. » L’homme fit une nouvelle pause, son visiteur demeurait silencieux et regardait périodiquement par la fenêtre. La pluie commençait à tomber légèrement. « Il termina rapidement sa rénovation et les choses bizarres débutèrent, des voyageurs commencèrent à raconter que la nuit ils avaient été réveillés par la plus belle jeune femme du royaume qui marchait dans les halls de l’auberge. Ils racontaient aussi que si on allait voir à une certaine fenêtre la nuit de la pleine lune l’on pouvait apercevoir la silhouette de cette femme prenant son bain. Pour comble de malheur la fenêtre indiquée était celle de la chambre de Minère. L’aubergiste fit tout pour mettre fin à cette rumeur, mais vous savez comment sont les jeunes hommes… Il ne fallut qu’une année pour faire la réputation de l’auberge, et les visiteurs affluaient pour la chance de voir cette femme mystérieuse. » Une autre pause de l’homme, alors qu’il regarda derrière son épaule par la fenêtre où la pluie tombait toujours un peu plus fort. « La tragédie comme il devait arriver arriva, il y a presque 200 ans maintenant, le prince et sa princesse vaniteuse vinrent voir le phénomène. Ils réservèrent l’auberge au grand complet pour le prince, la princesse et leur suite. La première nuit, ils ne virent personne; Tout de suite, la princesse accusa l’histoire d’être un coup monté de l’aubergiste et de sa fille ou sa femme. La deuxième nuit passa et toujours aucune manifestation de la mystérieuse femme. Ils passèrent une semaine à l’auberge et aucune manifestation; Outrée de perdre son temps la princesse demanda de partir. Comme pour narguer la famille royale le jour de leur départ, à la fenêtre de Mathilde une silhouette apparut à la fenêtre, se baignant lentement. Prise d’une rage folle, la princesse ordonna que l’on barricade l’auberge et que l’on la brûle avec la famille à l’intérieur pour crime contre la couronne. » L’homme se leva et marcha lentement vers sa fenêtre, regardant dehors vers l’autre côté de la route traversant le village. « On raconte aujourd’hui que lorsqu’un visiteur s’arrête dans notre village la jeune femme apparaît à la fenêtre pour rappeler le crime royal contre sa famille. » Il se retourna vers son visiteur qui fixait depuis longtemps la fenêtre d’un air livide.

samedi, avril 07, 2007

Le temps d'une leçon...

« L’humanité avait toujours cru que des civilisations avancées aux ressources et à la sagesse infinies l’attendaient au-delà de son berceau. C’est sûrement une des raisons pourquoi le silence répondant au projet SETI lui était si pénible, il semblait que la galaxie voir l’univers même était vide de toute intelligence, pour une espèce sociale comme l’humanité un sort plus cruel ne pouvait exister. Il faut dire que c’est probablement une des meilleures choses qui soit arrivé à la galaxie, cette soif de l’humanité de ne pas être seule. Voulant prouver leurs propres preuves fausses, l’humanité s’est lancée dans l’exploration de l’espace. » Dans la salle rassemblant plusieurs espèces hétéroclites aux morphologies humanoïdes, plusieurs membres manipulateurs s’étaient élevés en protestation ou pour poser une question sur les propos du professeur. Celui-ci fit une courte pause pour survoler la classe de ces six yeux sans pupilles avant de pointer un membre manipulateur vers un des peu nombreux élèves qui n’avaient pas levé de membre. « Batriarch Xit’sert vous semblez préoccupé, avez-vous quelques choses à partager avec la classe au sujet de l’humanité? »
-Eh, heu, bien oui prossssfessseurssss » répondit timidement le petit humanoïde batraciforme. « L’humanité c’est bien beau mais n’est-elle pas disparue dans la troisième guerre galactique, victime de son propre armement à l’antimatière? » Le professeur paru songeur quelques secondes, trois des paupières de ces yeux clignèrent rapidement avant qu’il ne réponde, malgré les hochements de tête enthousiastes des quelques espèces les plus récemment arrivées dans la communauté galactique. « Oui, effectivement l’humanité semble avoir disparu dans la troisième guerre galactique, mais dites-moi Xit’sert, vos grands-parents ne sont-ils pas disparus, il y 12 cycles? »
-Euh… oui mais c’est quoi le rapportssss?
-Ah, voilà la question qui tue n’est-ce pas? Pourquoi étudions-nous l’histoire de personnes disparues? Aviarch Fwhiii-ni qu’en pensez-vous? »
Les deux yeux indépendants du professeur se fixèrent sur un élève couvert de plumes, ne possédant que pour seuls membres manipulateurs des implants cybernétiques peu avancés. Le bec de ce dernier s’ouvrit et laissa échapper une série complexe de molécules légèrement odorantes, peu d’espèces dans la pièce étant pourvues des récepteurs olfactifs nécessaires pour comprendre son langage, l’intelligence artificielle du professeur traduisit en onde sonore et signaux visuel les paroles ayant été prononcées par Fwhii-ni. La syntonisation d’une voie elflique et légère évoquant le vol était signe de la grande qualité de l’intelligence utilisée: « Tout être question héritage prof. Bipède spatial apporter civilisation et technologie partout. Bipède spatial grand parent à toute vie pensante dans galaxie. »
- Bien, Fwhii-ni votre galactique laisse encore à désirer, mais votre réponse reflète une partie de la raison de ce cours. En effet, l’humanité a apporté à toutes nos espèces la technologie nécessaire pour quitter non seulement notre planète, mais aussi la technologie du voyage interstellaire. Sans l’humanité, la grande majorité de nos espèces n’aurait jamais quitté le sol de nos mondes natals et plusieurs pensent même qu’aucune n’aurait percé le mystère des hypers espaces. Par contre, il faut aussi comprendre pourquoi elle est disparue, pourquoi la civilisation qui fut la pierre angulaire de l’intelligence dans la galaxie s’est-elle retrouvée à s’autodétruire? Vous qui serez sûrement hauts fonctionnaire dans la nouvelle bureaucratie galactique devez éviter de nous amener vers les chemins de l’autodestruction inévitable de l’humanité. » Le professeur regarda d’un de ces yeux les indicateurs neuro-télépathiques, voyant que le niveau de questionnement de ses étudiants avait atteint un niveau suffisant, il reprit son discours. « Je disais donc que l’humanité s’est lancée dans l’exploration de l’espace. Étrangement sans la ferveur qui la caractérisera bien des siècles plus tard comme si sa quête d’identité et de compagnie n’était pas une fin en soi mais plutôt un hobby excentrique. » Il fit une pause pour les hou de dépits des étudiants puis recommença la leçon : « Ceci est, je pense la première faille de l’humanité, elle manquait de sérieux voyant comme des hobbys les choses les plus importantes. Même, dans l’âge d’or du deuxième royaume, l’humanité ne dirigeait que par devoir accordant beaucoup plus de valeur à la quête de l’inconnu qu’au bon fonctionnement de la galaxie. Il faut néanmoins dire que malgré cette approche désinvolte à l’espace, elle tomba néanmoins presque par hasard sur les Hyerminds, à l’époque une civilisation primitive ayant à peine inventé les outils de base. L’humanité fut surprise du retard technologique des Hyerminds surtout que leur planète était beaucoup plus vieille que la Terre d’origine de l’humanité. Préférant ne pas intervenir dans le développement d’une autre culture, l’humanité laissa pour quelques siècles les Hyerminds se développer en paix. Ils les auraient probablement laissés se développer à leur rythme pour des millénaires s’ils n’avaient pas rencontré les Batriarche et les Reniar, deux autres espèces beaucoup moins avancées que l’humanité. » Il fit une autre pause pour laisser les murmures d’indignation des étudiants Batriarch et Reniar s’éteindre et aussi pour avaler un peu de nutriment de sa poche buccale. Lorsque le silence fut revenu, il continua : « Des membres de l’humanité firent une suggestion qui semble aujourd’hui faire partie des vérités, et si l’humanité n’était pas une espèce moyenne mais bien l’espèce la plus avancée de la galaxie… »